JEUNES EN RESISTANCE

 

LES conditions de vie des jeunes de l’avant-guerre sont très différentes de celles d’aujourd’hui. Si tous reçoivent un enseignement primaire, seuls 3% d’entre eux vont au lycée. Les autres commencent à travailler dès l’adolescence, une fois accomplie la scolarité obligatoire. Bien que précocement plongés dans le monde des adultes, ils ne deviennent majeurs qu’à 21 ans. Ils disposent cependant de modes d’expression et d’organisation spécifiques. Celles-ci, souvent issues des grandes forces qui structurent le pays (syndicats, partis, églises…), connaissent un formidable essor entre les deux guerres, regroupant des centaines de milliers d’adolescents. Pour beaucoup de jeunes, les années 1930, marquées par la crise économique et la montée du fascisme, sont une période d’engagement important : participation aux luttes sociales, aide à l’Espagne républicaine, adhésion à des organisations politiques…. Les premières réformes du Front Populaire suscitent un enthousiasme certain, notamment l’avènement des loisirs qui permet le développement du sport, du camping, des auberges de jeunesses, etc.

LE désastre militaire et politique de 1940 touche particulièrement les jeunes et fait disparaître l’avenir que chacun d’eux envisageait. Enfants, frères ou sœurs de prisonniers de guerre, ils deviennent souvent chefs de famille alors que les problèmes de la vie quotidienne sont dramatiques (chômage, pénurie, etc.). Le drapeau à croix gammée, qui flotte insolemment en signifiant la mort de toute liberté, suscite chez beaucoup d’entre eux humiliation et colère.

1940-1945

Cette exposition a été réalisée avec le concours du musée de l’ordre de la libération et du mémorial du maréchal Leclerc de Hauteclocque et de la libération de Paris – musée Jean moulin (ville de Paris) comme de Jean Collet, Simone Gournay, Anne-Marie et Alain Saffray-Môquet et Raymond Aubrac.

Maréchal nous voilà !

L’OCCUPATION nazie et l’arrivée au pouvoir de Pétain à l’été 1940 inaugurent une ère d’oppression toujours plus forte qui se manifeste par la suppression immédiate de toutes les libertés. Cette régression touche particulièrement les jeunes. En effet, même les bals et les fêtes sont interdits. De plus, la « Révolution nationale » lancée par l’état français pour « redresser » la France passe par la reprise en main de la jeunesse et son encadrement. Dès 1940, l’éducation nationale est purgée de ses éléments indésirables (juifs, socialistes, communistes,..), les lois laïques abolies et les programmes débarrassés de leurs références républicaines au profit du culte du « Maréchal » et d’un retour aux valeurs « traditionnelles ». Nombres de mouvements de jeunesse d’avant-guerre sont interdits, ceux restés légaux sont étroitement contrôlés. D’autres, comme les chantiers de jeunesse, sont initiés par le nouveau régime pour inculquer aux jeunes l’idéologie vichyste. Pour coordonner cette politique, un secrétariat d’état à la jeunesse est créé en septembre 1940. Cet endoctrinement intense n’empêche pourtant pas l’éclosion de la Résistance parmi les jeunes.

Non à la nazification de l’esprit français……..

DEVANT la fascisation de l’enseignement promue par l’état français, la Résistance à l’école s’affirme chez les jeunes. C’est surtout le cas pour les lycéens et les étudiants, marqués dans leurs études par la culture laïque et républicaine, comme par les grands évènements politiques nationaux et internationaux de l’avant-guerre, vécus au sein de leur propre famille. Nombre d’entre eux sont aussi engagés dans des organisations de jeunesse politiques, laïques, culturelles ou confessionnelles qui transmettent des valeurs humanistes et patriotiques.

CETTE résistance s’exprime par des actions telles que des lancers de tracts dès juillet 1940 ou des manifestations le 11 novembre à Paris ou en province. Ces actions prennent très vite des formes variées dont l’évolution est parallèle à celle de la Résistance en général.

Georges Geoffroy : (1925-1944)

Lycéen dès 1942, il fait partie des membres du groupe de résistance créé au lycée Le Braz de Saint-Brieuc : graffitis, diffusion d’imprimés, vols d’armes, etc. Dénoncés, une vingtaine d’élèves maîtres et lycéens sont arrêtés par les Allemands, le 10 décembre, Yves Salaùn et Pierre Le Cornec, sont transférés à Fresnes. Ils sont condamnés à mort et fusillés au Mont Valérien, le 21 février 1944, 6 minutes avant Missak Manoukian et ses 21 camarades.

Louise Jacobson : (1924 – certainement 1943)

Lycéenne, née dans une famille originaire de Lettonie, Louise poursuit ses études au lycée Hélène Boucher à Paris. Le 31 août 1942, elle est arrêtée avec sa mère à leur domicile par des inspecteurs des renseignements généraux, à la suite d’une dénonciation anonyme, pour « détention illicite de brochures communistes » et, pour Louise « non port de l’insigne juif ». Louise, séparée de sa mère, est internée à la prison de Fresnes, puis à Drancy. Elle est déportée à Auschwitz le 13 février 1943. Elle y meurt, dans les chambres à gaz, à une date inconnue. Sa mère d’abord envoyée à la prison de la Petite Roquette est aussi déportée et assassinée à Auschwitz, le 20 novembre 1943.

Allons enfants….

 A partir de juillet 1940, tous les rassemblements, à l’exception de ceux qui sont organisés par les autorités allemandes ou françaises sont interdits. Tout participant à une manifestation non autorisée est passible d’emprisonnement et de condamnation, notamment à la peine de mort. Malgré les risques, manifester est pourtant le moyen le plus simple de signifier son opposition.

LA première manifestation d’ampleur est le fait de jeunes lycéens et d’étudiants le 11 novembre 1940 à Paris, Nantes, etc. Durant les 4 années de guerre, cette forme d’action se développe sur tout le territoire : manifestations d’indignation face aux décisions de l’occupant ou de l’état français ; manifestations revendicatives ; manifestations contre les réquisitions du STO ; etc. Manifester, c’est aussi diffuser tracts ou journaux de la Résistance dans la rue, dans le métro, au marché, etc. Certaines manifestations revêtent une signification particulière, car elles prennent appui sur des dates symboles de l’histoire nationale en premier lieu le 14 juillet. Durant l’été 1944, les manifestations populaires sont une dimension essentielle de la préparation de l’insurrection nationale.

Odette Lecland-Niles : (1924)

Jeune étudiante, militante de l’Union des Jeunes Filles de France et membre du triangle de direction des organisations de jeunesse de la région Est avec Henri Gautherot, le 13 août 1941, elle a en responsabilité un groupe de 16 garçons de la banlieue Nord-Est qu’elle avait convaincu de participer à la manifestation organisée par la Jeunesse Communiste sur les Grands Boulevards, à Paris. Tous sont arrêtés. Certains sont fusillés, d’autres sont déportés en Allemagne. Odette est internée au camp de Châteaubriant (Loire-Atlantique), puis transférée successivement au camp d’Aincourt (Val d’Oise), à Gaillon (Eure), au camp de Lalande (Indre-et-Loire), et enfin au camp de Mérignac (Gironde) dont elle s’évade pour rejoindre les FTP à Bordeaux.

Henri Gautherot : (1920-1941)

Jeune ouvrier, le 13 août 1941, il a en responsabilité la protection de la manifestation organisée par la Jeunesse Communiste sur les Grands Boulevards, à Paris. Blessé, il est arrêté en compagnie de Samuel Tyszelman. Tous les deux sont fusillés le 19 août 1941, dans le Bois de Verrières, chemin dit de « l’Orme morte ». Le 21 août 1941, à la station de métro Barbès-Rochechouart, Pierre Georges (futur colonel Fabien) abat l’aspirant de marine Alfons Moser. Le soir même, il déclare à ses amis que les fusillés sont vengés.

Notre tirage est fonction de votre courage… 

 POUR s’opposer à la propagande de l’occupant et de Vichy dont les moyens d’endoctrinement sont puissants, la Résistance multiplie les tracts et les journaux, avec une grande efficacité malgré les difficultés matérielles et la répression. Les jeunes participent activement à cette information clandestine en développant, réalisant et diffusant leurs propres titres. Chaque communauté de jeunes a son journal, tels l’Avant-garde pour la jeunesse communiste, La jeune Garde pour les jeunes socialistes, Les Forces unies de la jeunesse organe des jeunes des MUR, Le Gavroche, organe des jeunes syndicalistes, Jeune combat pour la jeunesse juive, Midinettes pour les jeunes parisiennes du Front patriotique…. Tous ces jeunes étaient aidés et encadrés par les adultes. Une seule exception notable, le journal Défense de la France, fondé et dirigé uniquement par des jeunes étudiants et étudiantes.

Guy Môquet : (1924-1941)

Elève au lycée Carnot à Paris, dès l’été 1940, il monte avec ses camarades des Jeunesses communistes des groupes d’impression et de distribution de tracts clandestins. Arrêté le 13 octobre 1940, il est jugé et emprisonné. Sa peine accomplie, il est cependant maintenu en détention comme interné administratif. En mai 1941, il est transféré au camp de Choisel à Châteaubriant. Le 22 octobre 1941, il est fusillé avec 26 autres otages (16 à Nantes et 5 au Mont-Valérien). Dès l’annonce de son exécution, son nom devient un symbole.

Jacqueline Pardon : (1921)

Etudiante en philosophie à la Sorbonne membre des Jeunesses étudiantes chrétiennes (JEC), un jeune agrégatif, Philippe Viannay, lui propose, en février 1941, d’entrer au mouvement « Défense de la France » qu’il est en train d’organiser. Jacqueline participe au recrutement, à la fabrication de faux papiers, à la diffusion du journal. Elle est arrêtée le 20 juillet 1943, et incarcérée à Fresnes. Libérée en décembre 1943, elle se met au vert en Bourgogne où elle devient l’adjointe du chef régional des FFI. Elle participe activement aux combats de la Libération et aux missions de rapatriement des déportés.

Premiers mai de combats 

Dès 1940, revendiquer ou faire grève vaut la déportation voire la peine de mort. Pourtant face aux privations alimentaires sévères et à la remise en cause de tous les acquis sociaux, l’action revendicative devient aussitôt une des formes de résistance.

RIEN n’est spontané. Des jeunes ouvriers et employés déjà organisés (Comités populaires, Jeunesses Communistes, Jeunesse Ouvrière Chrétienne) travaillent à convaincre et entraîner leurs jeunes collègues de travail dans des luttes, en premier lieu contre les restrictions.

Dès l’automne 1940, dans les deux zones, faits par et pour les jeunes, des feuilles clandestines apparaissent sur les lieux de travail. Elles dénoncent les atteintes aux libertés et expriment les revendications des jeunes travailleurs : conditions de travail, salaires, ravitaillement. Suivent des actions revendicatives dont des débrayages innombrables. Malgré la répression, des succès, certes limités, sont obtenus. Ces actes ralentissent aussi la production de guerre allemande.

LES 1er mai deviennent des temps forts d’opposition à Vichy et à l’occupant. Ces luttes préparent le passage des jeunes à d’autres formes de résistance, notamment au refus massif du STO ainsi qu’au sabotage et à la lutte armée.

Robert Busillet : (1922-1941)

Jeune ouvrier, il agit à l’arsenal de Brest dans un réseau de renseignement de la France Libre dit « groupe Elie » du nom de son responsable : Louis Elie. Arrêté en mai 1941, Robert Busillet et 10 autres de ses camarades sont condamnés à mort le 23 novembre 1941, pour acte de franc-tireur et pour espionnage. Ils sont fusillés le 1 décembre 1941 au Mont-Valérien. En signe de protestation, les ouvriers de l’Arsenal de Brest déclenchent une grève.

Cécile Le Bihan-Rol-Tanguy : (1919)

Dactylo, membre de l’UJFF et militante syndicaliste, dès l’été 1940 elle participe avec son mari, le futur colonel Rol-Tanguy, à la naissance des comités populaires dans les usines métallurgiques de la région parisienne. Notamment, elle tape à la machine à écrire les stencils du journal syndical clandestin Le métallo. Jusqu’à la Libération de Paris, secrétaire et agent de liaison, elle seconde son mari dans toutes les responsabilités successives qui lui sont confiées (Organisation spéciale, FTP, chef régional de FFI d’île de France).

Front uni de la jeunesse… 

Dès 1942, pour répondre aux besoins de main d’œuvre du IIIème Reich, le gouvernement de Vichy promulgue plusieurs lois visant à instaurer un service national de travail obligatoire pour les Français de 18 à 50 ans. La loi du 17 février 1943 instituant le STO (Service du Travail Obligatoire) oblige les Français à partir travailler en Allemagne et participer ainsi à l’effort de guerre hitlérien (mobilisation aussi pour la construction du mur de l’Atlantique ou engagement dans la Wehrmacht pour les jeunes Alsaciens et Lorrains). Ce sont ainsi 600 000 jeunes qui doivent partir travailler en Allemagne jusqu’en 1944.

Dès lors pour se soustraire au STO, à l’appel du Conseil National de la Résistance ou des organisations de jeunesse, nombreux sont les jeunes qui se cachent, changent d’identité et deviennent des maquisards. D’autres rejoignent les Forces Françaises Libres.

René Villaret : (1923-1944)

Jeune ouvrier originaire de Montpellier (Hérault), René Villaret, réfractaire au STO, rejoint en décembre 1943 le maquis FFI de La Vacquerie, dans le même département. Le 6 mars 1944, il est arrêté par le Gestapo à Montpellier, rue de Verdun, alors qu’il s’apprêtait à prendre le train pour Toulouse. Interné à Montpellier, puis au fort de Montluc, il est condamné à mort par le tribunal militaire allemand de Lyon. Il est fusillé le 23 mai 1944 sur le terrain militaire de la Doua, à Villeurbanne (Rhône). Son corps est inhumé dans le charnier adjacent.

Odette Sabaté Loiseau : (1924)

Jeune « demoiselle » des Postes à Perpignan, Odette avec sa sœur (secrétaire en préfecture), participe dès l’automne 1940 à toutes les formes d’action de solidarité envers ceux qui sont en butte à la répression : hébergement, fabrication et remise de faux-papiers, etc. Son activité prend une nouvelle ampleur pour venir en aide aux réfractaires du STO. Arrêtée avec sa mère et sa sœur, elle parvient à s’évader. Elle reprend le combat auprès de groupes de mineurs dans la région de Decazeville (Aveyron) puis à Lyon. Arrêtée une seconde fois le 16 août 1944 et internée au fort Montluc à Lyon, elle est sauvée par la Libération.

Dans les prisons et les camps 

LE résistant arrêté entre brutalement dans un autre monde. L’appareil judiciaire, allemand ou français, lui laisse peu de chance : au bout de la route, soit le peloton d’exécution allemand ou la guillotine française, soit de lourdes peines d’emprisonnement ou de déportation. Seul bénéfice de l’âge, les adolescents de moins de 16 ans ne sont pas condamnés à mort.

MALGRÉ les menaces de représailles, les familles et les amis refusent d’abandonner leurs proches.

LES détenus eux-mêmes s’organisent. Partout, la solidarité est une manière de résister à des conditions d’incarcération très dures. Une vie intellectuelle se maintient souvent. Elle soutient le moral et entretient la volonté de reprendre le combat.

POUR les jeunes résistants internés, coupés de la protection affective de leur famille et de leurs amis, fragilisés par la dureté du monde carcéral et par la faim, inquiets d’un avenir sans horizon apparent, ces manifestations de résistance, fréquemment initiées par leurs aînés, jouent un rôle primordial dans la sauvegarde de leur intégrité physique, psychologique et morale. Cette volonté de tenir quoiqu’il advienne, subsiste souvent jusque dans les camps de concentration nazis.

Madeleine Riffaud : (1924)

Jeune étudiante, Madeleine Riffaud s’engage en 1942 dans les FTP et prend part à la formation de groupes de combattants chez les étudiants en médecine. A la mort d’un de ses camarades de combat, Madeleine Riffaud abat un sous-officier allemand au pont de Solferino. Arrêtée et livrée à la Gestapo, elle réussit à s’évader et reprend sa place au combat. Elle participe aux combats armés de la libération de Paris. Le poing fermé, préfacé par Paul Eluard, rassemble les poèmes écrits au cours de l’action et en prison.

Jean-Pierre Voidiès : (1927)

Jeune lycéen, en 1942, il organise à Caen un groupe de résistance composé de lycéens et d’apprentis. Arrêté en 1943, il est déporté au camp de concentration de Neuengamme. Là, sans crayon ni papier, il compose dans sa tête des poèmes. Cadavre vivant (27 kilos), il est rapatrié en avril 1945. Il couche alors sur papier ses poèmes. Distingués par Paul Eluard les textes sont regroupés sous le titre Piocher, Aimer et édités en plaquette.

Nous les jeunes, journal clandestin fait main par les jeunes résistants internés au camp de Saint-Sulpice-la-pointe (Tarn).

Trois feuillets du journal mural clandestin réalisé par Lise London et ses jeunes camarades déportés de la baraque 15 du camp Hazag, près de Leipzig entre l’été 1944 et leur libération en avril 1945 : un Kommando de femmes dépendant du camp de Buchenwald. Coll. Lise London.

Vaincre et vivre 

LE 19 août 1941, à la suite de l’exécution par Pierre Georges (22 ans, futur colonel Fabien) d’un officier allemand au métro Barbès, le rôle déterminant de la jeunesse dans la lutte armée est posé. Dès 1940, leur action s’affirme dans les sabotages contre les installations ennemies. Mais, ce n’est qu’à partir de l’été 1941 que les premiers groupes de guérilla sont mis en place, par le parti communiste pour les FTP, par d’autres en zone Sud. À partir de l’hiver 1942-1943, les jeunes qui furent le STO prennent en masse le maquis. Sans expérience militaire, leurs actions, laborieuses au début, gagnent en efficacité grâce à un encadrement d’anciens combattants des Brigades Internationales ou officiers de carrière entrés en dissidence. Peu d’entre ces jeunes parviennent néanmoins à des responsabilités de premier plan même si certains ont pu diriger certaines opérations. Un contre-exemple exceptionnel, celui de Serge Ravanel, chef des groupes francs de la zone sud à 23 ans.

Tony Bloncourt : (1921-1942)

Etudiant, il résiste au sein de groupes de jeunes de l’organisation spéciale dirigés par le futur colonel Fabien. Il prend part à des actions armées : 18 attentats et sabotages contre l’occupant entre septembre et novembre 1941. Arrêté le 6 janvier 1942, il est condamné à mort avec six autres jeunes par un tribunal militaire allemand siégeant à la chambre des députés. Il est fusillé comme otage le 9 mars 1942 au Mont-Valérien.

Tereska Szwarc-Torrès : (1920)

Lycéenne parisienne, née à Paris dans une famille d’artistes d’origine juive polonaise, le baccalauréat passé, à l’été 1940, via Gibraltar elle gagne l’Angleterre pour rejoindre le général De Gaulle. Elle s’engage aussitôt dans le « corps féminin » des Forces Françaises Libres. Elle est la seizième engagée. Avec les autres volontaires féminines, elle suit l’instruction militaire au camp de Bornemouth et, soumise au même régime que les hommes, elle partage avec eux les mêmes risques de la guerre. A Londres, en juillet 1943, elle achève l’écriture de son premier roman Le Sable et l’Ecume, publié chez Gallimard en 1946. En hommage à son premier amour, engagé dans la 2ème division blindée du général Leclerc et mort au combat, Tereska signe l’ouvrage du nom de guerre de Georges Torrès : Georges Achard.

Aux armes…. 

 DURANT l’été 1944, à l’appel d’une résistance unie derrière le Conseil National de la Résistance et le gouvernement provisoire du général De Gaulle, les Français se mobilisent en masse pour participer aux combats de la Libération.

LES jeunes résistants participent activement à ce mouvement au sein d’organisations de jeunesse qui foisonnent dès 1943. Ces organisations reflètent l’extraordinaire diversité sociale, politique ou religieuse de la Résistance française. Six mois après la naissance du Conseil Nationale de la Résistance (27 mai 1943), elles se regroupent au sein des Forces Unies de la Jeunesse Patriotique (FUJP) afin de coordonner leurs actions. L’activité des FUJP est multiforme. Les FUJP développent une propagande intense qui débouche naturellement sur des manifestations, des grèves, des campagnes d’aide aux réfractaires ou à la Résistance. Après le débarquement de Normandie, ces jeunes résistants, dont les rangs ne cessent de grossir, participent massivement à la lutte armée et aux combats de la Libération. Nombreux sont ceux qui poursuivent les combats jusqu’en Allemagne en s’enrôlant dans l’armée française reconstituée.

Léon Bouvier : (1923-2005)

Lycéens, né à Vienne en Autriche, de parents polonais, il fait ses études au lycée Michelet à Vanves. En 1939, il assiste à l’invasion allemande de la Pologne alors qu’il vient de rejoindre son père à Varsovie. Après un long périple passant par l’URSS, la Roumanie, la Turquie et la Palestine, il rejoint à Ismaïlia en Egypte, les unités combattantes de la France Libre. Il s’engage au 1er bataillon d’infanterie de marine : il n’a alors que 16 ans, il cache ses papiers et prétend qu’il en a 18. Il participe aux combats en Lybie. À la bataille de Bir-Hakeim il perd son bras droit. Il est fait Compagnon de la Libération par le général De Gaulle. Soigné, il rejoint l’Angleterre et suit la formation d’officier à l’école des cadets de la France Libre. Il participe ensuite à la campagne de France : Paris, Metz puis Strasbourg, où il demande à être démobilisé.

Ginette Colette Nirouet : (1926-1944)

Jeune étudiante parisienne, elle participe aux combats de la Libération en Franche-Comté comme infirmière dans un bataillon de choc. Elle incorpore le 152ème RI intégré à la IIème armée. Le 29 octobre 1944, elle endosse l’uniforme Kaki et s’arme d’une mitraillette. Le 26 novembre, elle participe aux combats de l’Oberwald (Allemagne) où elle tombe sous les balles d’une mitrailleuse ennemie.

Photos : De nombreux résistants intègrent la nouvelle armée et poursuivent le combat contre le nazisme : « la mascotte » du futur 151ème RI, commandé par le colonel Fabien, au garde-à-vous devant le général de Lattre de Tassigny. A gauche du général, Jacques Monod, le futur prix Nobel de médecine (commandant Malivert de l’état-major national de FFI). Au centre, Joseph Kessel, écrivain, Français Libre et un des auteurs du Chant des Partisans. Coll MRN, Lyon, 14 septembre 1944, place des Terreaux, le général De Gaulle remet la Légion d’honneur à la jeune combattante Marie-Jeanne. Coll.MRN.

Printemps de la jeunesse 

DEBUT 1945, alors que le territoire national est à peine libéré et que l’Allemagne nazie n’a pas encore capitulé, des réformes importantes sont mises en œuvre. Pour le gouvernement dirigé par le général De Gaulle, il s’agit de balayer « le régime de basse réaction instauré par Vichy ».

UN certain nombre de réformes concernent les jeunes. Le regard de la société sur la jeunesse se modifie à la Libération sous l’influence du programme du CNR. La spécificité des problèmes liés à cette classe d’âge est prise en compte d’autant que l’action des jeunes (garçons et filles) dans la Résistance a mis en avant un certain nombre de revendications qui leur sont propres et que la société avait négligé, voire ignoré, avant guerre comme par exemple : l’élargissement de la démocratie avec l’abaissement de la majorité et du droit de vote de 21 à 18 ans (accordé seulement en 1974) ; les droits d’expression et d’organisation dans la société, sur le lieu de travail ; la démocratisation de l’enseignement ; la formation professionnelle ; la revendication de l’égalité salariale « à travail égal, salaire égal » ; la réduction du temps de travail et le droit aux loisirs ; etc.

Mémoires

DURANT la guerre, il est arrivé fréquemment que des groupes de combattants de l’ombre rendent hommage à des résistants assassinés par les forces de répression de l’occupant ou de Vichy. Ainsi, un des groupes FTP de Franche-Comté s’est donné le nom de « compagnie Guy Mocquet » (sic) en hommage au jeune résistant communiste fusillé à Châteaubriant en 1941.

C’EST l’illustration d’un vers du Chant des Partisans : « Ami, si tu tombes, un ami sort de l’ombre à ta place ».

Dès la Libération, les monuments du souvenir de la Résistance ont mêlé les noms de ces jeunes à ceux de tous les combattants « morts pour la France ». La mémoire collective n’a retenu que très peu de jeunes « héros de la Résistance ». Elle a fait de Guy Môquet l’emblème de cette jeunesse courageuse.

À l’inverse d’autres grands moments de notre histoire nationale, la Résistance a été peu portée par des œuvres d’art et aucune place particulière n’a été accordée à la jeunesse. Font exception à cela, la photographie, la bande dessinée et la littérature pour la jeunesse (qui, à l’époque n’étaient pas considérées comme des arts). Les sujets photographiés et les personnages de la bande dessinée (Fifi gars du Maquis, le Grêlé 7-13…) construisent une figure réductrice, quasi mythique : celle de l’adolescent participant à la lutte armée.

CETTE imagerie, élément de notre identité nationale depuis la grande Révolution, amalgame jeunes héros historiques (Jeanne d’Arc, Bara…) et jeunes héros romanesques (Gavroche, Jacquou le croquant…). Cette mémoire néglige le rôle des jeunes filles, et leur nombre, sur tous les fronts résistants, intérieurs et extérieurs.

Henri Fertet : (1926-1943)

Il est lycéen à Besançon. Il entre en résistance au groupe FTP « Guy Mocquet » (sic). Il est arrêté le 3 juillet 1943 et condamné à mort le 18 septembre 1943 pour participation à un groupe de résistance et pour avoir commis des attentats. Il est fusillé le 26 septembre 1943 avec 15 autres membres du groupe à la citadelle de Besançon. L’émotion est immense dans la région du fait de l’âge des fusillés (16 à 23 ans) : tous jeunes agriculteurs ou lycéens militants de la JAC et de la JOC. En 1945, le général De Gaulle le fait compagnon de la Libération à titre posthume.

Marianne Cohn : (1922-1944)

Juive allemande réfugiée à Paris, elle est prise en charge par les Éclaireurs Israélites de France, entre septembre 1939 et mai 1941. Hébergée dans le sud-ouest de la France, elle entre en résistance avec le Centre de documentation de Simon Levitte et participe à la construction du Mouvement de jeunesse sioniste. Elle est chargée de cacher ou de faire passer en Suisse des enfants. C’est au cours d’un passage de la frontière, en mai 1944, qu’elle est arrêtée puis exécutée.

Photo : Le silence de la mer, photo de Robert Doisneau faite à la Libération pour le numéro de la revue « Le Point » consacrée aux imprimeurs clandestins. Atelier Robert Doisneau

Le roman de Vercors (nom de plume et de clandestinité de Jean Bruller), est le premier titre des éditions de minuit clandestines. Un des trois personnages est une jeune fille qui face à l’occupant s’enferme dans un mutisme intransigeant : un symbole de la jeunesse et de la Résistance.

Affiche : créée par l’illustrateur Brantonne pour l’Avant Garde, journal des jeunesses communistes, automne 1944. Coll. MRN

Deux figures symboliques : Pierre Georges, dit « Frédo », dit « Fabien » (1919-1944). Jeune ouvrier métallurgiste, militant syndical et dirigeant national des jeunesses communistes (JC). En 1937, il « triche » sur son âge pour s’engager dans les Brigades Internationales. Ses capacités militaires lui valent d’être envoyé à l’école de perfectionnement des officiers. Blessé grièvement en mars 1938, il rentre en France.

À l’automne 1939, suite à l’interdiction du Parti Communiste, il est arrêté et interné à Baillet (actuellement Val d’Oise). Il s’évade en juin 1940. En juillet 1940 il prend la direction clandestine des JC de Provence. En juillet 1941, « Frédo » revient à Paris, où aux côtés d’Albert Ouzoulias (colonel « André ») il prend la tête des Bataillons de la jeunesse (groupes « armés » des JC). Le 21 août 1941, suite à l’exécution par les Allemands de Samuel Tyzelman et d’Henri Gautherot, Fabien décide de passer à l’action armée. Sur le quai de la station Barbès, dans le bruit de l’arrivée d’une rame, il abat l’officier allemand de la Kriegsmarine Alfons Moser. Très recherché par les polices allemandes et françaises, il est envoyé dans le Doubs. Blessé lors d’une opération, il revient se faire soigner à Paris. Fin novembre 1942, il est pris dans une rafle. Il est successivement interné au Cherche-Midi, à Fresnes (94), à Dijon (21) puis à Romainville (93) d’où il s’évade le 1er juin 1943. Il reprend le combat au sein de FTP successivement dans le Doubs, dans la région Centre, dans la région Nord-Picardie-Normandie, puis en Bretagne. En juillet 1944, devenu « Fabien », il est rappelé à Paris dans la perspective de l’insurrection. Lors des combats de la Libération de Paris, avec l’aide de 7 chars « prêtés » par Leclerc, Fabien dirige les opérations de reprise du palais du Luxembourg. Le 1er septembre, le colonel Fabien met alors sur pied un régiment qui se joint aux troupes alliées : le futur 151ème régiment d’infanterie, unité mixte formée de résistants et de militaires de carrière. Le 27 décembre, près d’Habsheim (68), Fabien est tué par l’explosion d’une mine. Il est inhumé au Père-Lachaise à Paris, le 3 janvier 1945.

Henri Rot Tanguy (1908-2002). Ouvrier métallurgiste, syndicaliste et militant communiste, il participe dès l’été 1940 à la reconstruction des syndicats clandestins en Île-de-France. Un des organisateurs des FTP dirigés par Charles Tillon, il est nommé commandant en chef des FFI d’Île-de-France au printemps 1944. A ce titre, il est l’un des dirigeants de l’insurrection libératrice parisienne.

jeunes marseillais……

Edmonde Charles-Roux : (1920-2016)

Elle naît à Neuilly-sur Seine. Elle est la fille du marseillais François Charles-Roux, ambassadeur de France, membre de l’Institut de France et dernier président de la Compagnie universelle du canal maritime de Suez. Elle n’a pas 20 ans lorsqu’elle s’engage au début de la guerre comme infirmière ambulancière volontaire, tout d’abord dans une unité de Légion étrangère puis au 11ème régiment étranger d’infanterie. Elle est blessée à Verdun en portant secours à un légionnaire.

De retour dans la maison de son grand-père à Marseille, Edmonde Charles-Roux entre en résistance notamment en aidant des étrangers (le plus grand nombre sont des communistes militants de la MOI). Elle affirme qu’elle doit à ces hommes d’avoir participé à la Résistance.

Après le débarquement en Provence, elle participe à la Libération toujours comme infirmière, puis est rattachée à la 5ème division blindée au sein de laquelle outre son activité d’infirmière elle est aussi assistante sociale divisionnaire. Elle a sous sa tutelle le 1er REC et le RMLE (Régiment de Marche de la Légion Étrangère).

Décorée de la Croix de guerre, avec plusieurs citations, elle est faite chevalier de la Légion d’honneur en 1945 et reçoit la distinction de « vivandière d’honneur » du régiment de marche de la Légion étrangère des mains du colonel Gaultier, chef de corps.

 Michel Caciotti : (1926)

Il naît à Marseille. Malgré son jeune âge, la capitulation l’insupporte. Le 11 novembre 1942 lorsque les Allemands défilent dans Marseille, pour faire une démonstration de force, il se sent trahi. À l’automne 1942, Michel Caciotti commence à travailler aux ateliers Terrin. Il s’y familiarise avec l’activité syndicale, l’une « officielle » dans le cadre de la loi (Charte du Travail) et l’autre clandestine. Michel Caciotti participe à plusieurs « coups de main » pour se procurer des moyens de transport (vélo ou voiture) ainsi que des armes y compris en les « empruntant » à des policiers isolés. À 17 ans, en novembre 1943, il entre dans la clandestinité sous le pseudonyme de « Raymond Martinez ». Il passe sans cesse d’une planque à l’autre, sans jamais demeurer plus de 2 ou 3 jours au même endroit. IL est à la tête d’un groupe de six résistants.
Au printemps 1944, son groupe est chargé de plastiquer le central téléphonique de l’organisation Todt puis celui de la ligne de chemin de fer du Rove. À partir du 15 août, Michel Caciotti participe à la préparation de l’insurrection : stockage des armes, abattage des panneaux de signalisation, etc. Le 17 août, les cheminots se mettent en grève. Des groupes de soldats allemands sont attaqués. L’appel à l’insurrection est lancé par la CGT le 19 août et Michel Caciotti participe aux combats. La préfecture est prise par la résistance et le préfet fait prisonnier. Des barricades se dressent, Michel Caciotti et son groupe prennent positon place Bernard Cadenat à la Belle de Mai. Il reçoit la Croix de guerre pour cette opération. Le 23 août, les soldats français de l’armée d’Afrique arrivent par le Boulevard de la Libération.

Le 26, le régiment « La Marseillaise » est constitué sous les ordres de Cayrol : il comprend 1000 volontaires dont Michel Caciotti. Le 28 août Marseille est totalement libérée. Le régiment «  La Marseillaise » est intégré à la 1ère armée qui prend la direction de l’Alsace. Michel Caciotti est grièvement blessé lors des combats et est rapatrié à Marseille.

Chevalier de la Légion d’honneur, Croix du combattant volontaire, Michel Caciotti dit qu’il a « continué le même combat avec des armes différentes ».

 Jeunes marseillais…..

Mireille Lauze : (1920-1944)

 Elle naît à Aubagne. Adolescente, très bonne élève, elle se passionne pour la cause de la République espagnole. Dès le début de la guerre civile, elle se mobilise : elle dénonce le pronunciamiento fasciste dans des tracts ou dans le journal du Foyer des Jeunes Filles de France (UJFF) dont elle est responsable. Elle organise également des tombolas, la collecte de vivres, de vêtements et d’argent pour venir en aide au peuple espagnol. En 1938-1939, elle devient la secrétaire bénévole de Jean Cristofol (Conseiller général communiste et futur député-maire de Marseille à la Libération). Le 14 juillet 1939 Mireille est une des organisatrices du grand défilé patriotique. Elle défile avec les jeunes filles de son foyer sur un char décoré par elles. Dactylo aux Forges et Chantiers de la Méditerranée quand la guerre éclate, Mireille Lauze continue son activité militante en rédigeant et tapant des tracts. L’UJFF est dissoute et Mireille Lauze entre en Résistance. Elle parvient à établir la liaison avec Pierre Georges (le futur colonel Fabien). Avec lui elle organise les jeunes, diffuse tracts et journaux à la sortie des cinémas, dans les rues, sur la Canebière. D’une poignée à la fin 1939, elles sont bientôt plus de 200 jeunes filles à participer à la lutte clandestine à Marseille.

Dénoncée Mireille Lauze est arrêtée le 11 février 1941. Elle est interrogée, malmenée et enfermée pendant plusieurs jours à l’Evêché (Hôtel de police). Les interrogatoires succèdent aux interrogatoires. Après neuf mois passés à la prison des Présentines elle est jugée par le tribunal militaire du Fort Saint-Nicolas et est condamnée à 15 ans de travaux forcés. Transférée à la prison Saint-Joseph de Lyon puis en mai 1944 à celle de Châlons-sur-Marne elle est déportée en Allemagne au camp de concentration de Ravensbrück où elle décède rapidement.

Albert Chabanon dit « Valmy » : (1916-1944)

Il naît à Marseille. Brillant élève, il intègre l’École Normale Supérieure à Paris en 1938. Dès l’automne 1940, il participe à la rédaction et à la diffusion de tracts gaullistes.

Arrêté le 6 décembre 1941, il est incarcéré à la prison de la Santé puis au Fort Saint-Nicolas à Marseille, ensuite à Montpellier et à Villefranche-de-Rouergue. Il est exclu par le gouvernement de Vichy de l’École normale de la rue d’Ulm à Paris. Libéré en 1943 il retrouve Marseille et « l’ETAPE », œuvre destinée à aider les détenus politiques. Il se consacre avec passion aux mouvements de jeunesse et en devient le chef régional en 1944. Il s’occupe de la formation des jeunes réfractaires au plan politique et militaire (maniement des armes, recherche de matériel). Il alimente également les bureaux de renseignements qui ont en charge la protection des jeunes et le service des faux papiers. Avec René Mariani (une rue de Marseille porte son nom), « Valmy » (Albert Chabanon) fonde un journal mensuel Le Marseillais et assure une grande part de la rédaction. Le journal clandestin sort six numéros de janvier à juin 1944 et mène le combat contre l’occupant, la Gestapo et les collaborateurs. Dénoncé, il est arrêté le 17 juin 1944 aux alentours de la Préfecture de Marseille. Il passe par le siège de la Gestapo, 425 rue Paradis avant d’être interné aux Baumettes. Jugé sommairement par un tribunal militaire allemand, il est condamné à mort et est, avec ses compagnons, mitraillé sur une place à Signes dans le Var.

Photo : Juillet 1944, résistants de la compagnie « Marat » (FTP-MOI) préparant le sabotage d’une voie ferrée près de Gardanne. Photo de la photographe et résistante Julia Pirotte, membre de la compagnie « Marat ». Cliché offert par l’auteur au musée de la Résistance National à Champigny-Sur-Marne. Collection musée de la photographie de la communauté française à Charleroi/ Julia Pirotte.