La Retirada

LOS OLVIDADOS

 

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   LES OUBLIES DE LA GUERRE D’ESPAGNE

La solidarité de Marseille envers l’Espagne Républicaine (1937-1939) et l’épopée des « indésirables » devenus les guérilleros dans la Résistance.

LA NON-INTERVENTION

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La politique de « non-intervention » appliquée par le gouvernement Blum dès le mois d’Aout 1936, alors que l’Espagne républicaine devait subir la rébellion fasciste de Franco, puissamment soutenue par Hitler et Mussolini, n’était pas une faute. CE FUT UN CRIME.

GUERNICA

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Le 26 avril 1937, la petite ville de Guernica est détruite par les avions allemands de la sinistre Légion Condor au service de Franco, mitraillant la population civile. On dénombre 1654 morts et 889 blessés (sur une population de 7000 habitants).

Pour la première fois dans l’histoire militaire, une agglomération civile est entièrement rasée sous un déluge de bombes au phosphore.).
L’indignation est immense.

MADRID C’EST PARIS

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La nouvelle émeut les peuples du monde entier. En France la situation de l’Espagne est vécut comme un drame : le gouvernement officiel « del frente popular » fait face aux troupes et aux armes de Franco, de Hitler et de Mussolini réunies.

Alors qu’ils encerclent Madrid, la  » Pasionaria » lance un appel aux peuples du monde : « Aidez-nous à empêcher que la démocratie soit écrasée en Espagne. Si cela devait arriver, cela entraînerait inévitablement la guerre. Défendre Madrid, c’est défendre Paris ».

Un appel qui résonne aujourd’hui encore particulièrement quand on sait que les troupes nazies défileront dans Paris en Mai 1940.

NO PASARAN !

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« ILS NE PASSERONT PAS « 

Au lendemain du soulèvement fasciste de Franco, toutes les forces de l’Espagne Républicaine appellent à résister. Dolorès Ibarruri, député aux Cortès, journaliste à « Mundo Obrero » et dirigeante du PCE (Parti Communiste Espagnol) lance le célèbre mot d’ordre « NO pasaran! » et deviendra pour le monde entier, la Pasionaria.

LES BRIGADES INTERNATIONALES

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Dès la fin juillet 1936, on trouve des combattants étrangers dans les rangs de l’Espagne Républicaine. C’est le cas de la célèbre colonne Durruti qui part vers le front d’Aragon. Le 25 juillet, le gouvernement de Léon Blum interdit les exportations d’armes vers l’Espagne et le 15 Août prononce la non-intervention avec l’Angleterre.
Du monde entier, la solidarité s’organise et fait unique dans l’Histoire des guerres, des volontaires affluent vers l’Espagne, des centuries, des colonnes, des escadrilles se forment. C’est en septembre 1936 que sont créées officiellement « Les Brigades Internationales ».

LES BRIGADES INTERNATIONALES

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Il y aura environ plus de 35 000 combattants volontaires en Espagne et les plus nombreux seront de jeunes français (estimation : 8962). Les noms des brigades sont évocateurs : Brigade Thaelmann (allemands antifascistes), Brigade Garibaldi (italiens), Brigade Dombrowski (polonais), Brigade La Marseillaise (français), Brigade Abraham Lincoln (américains) et la 129ème Brigade, la dernière créée en 1938.

Au sein des brigades il y aura des bataillons, comme ceux de : Commune de Paris, Henri Barbusse, Vaillant Couturier, Germinal, Louise Michel, etc. Il faut ajouter l’escadrille « Espana » d’André Malraux.

LA DESPEDIDA

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LES ADIEUX

C’est le 28 octobre 1938, officiellement, que les brigades partent d’Espagne. Un hommage grandiose leur est rendu à Barcelone. C’est la « despedida », les adieux.
Des héros quasi anonymes et des personnalités, des écrivains, des poètes, des journalistes et des photographes ont composé les brigades : Pablo Néruda, Ernest Hemingway, Louis Aragon, Gabriel Péri, Ilia Ehrenbourg, Nehru et sa fille Indira Gandhi, Franc Capa, André Malraux, Raphaël Alberti, Antonio Machado, Georges Soria, Andrée Viollis et bien d’autres.

Et citons les deux plus grands poètes espagnols du XXème siècle, Federico Garcia Lorca, assassiné à Grenade en 1936 et Antonio Machado mort en exil à Collioure en 1939, furent tous deux victimes du Franquisme.

DÉJOUER  PIÈGES ET SABOTAGES

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Il a fallu trouver des bateaux, les meilleurs marins, officiers et capitaines. Il fallait aussi passer inaperçu pour déjouer les pièges et les sabotages des fascistes espagnols, allemands et italiens, secondés par la gendarmerie, la police et l’armée françaises.  Il aura fallu encore affronter les tempêtes, les navires et les avions ennemies, les contrôleurs de la non-intervention.

LE WINNIPEG

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Il faudrait bien plus que cette modeste exposition pour relater les nombreux témoignages de tous ceux qui des deux côtés des Pyrénées se sont mobilisés pour la jeune République espagnole.

Mais voici celui de Jean Rivoual de la Ciotat, recueilli par l’Humanité. Il avait 15 ans lorsqu’il embarque sur le « Delta » et à peine lus sur « le Winnipeg ». Le Delta « servait de base aux responsables marseillais et on y tenait des réunions secrètes ». Jean y croise François Billoux, Lucien Molino, Auguste Dumay et bien d’autres. C’est là que s’organise l’action de solidarité avec l’Espagne.

« Lorsque nous apprenons la défaite le « Winnipeg » fonce sur Alicante et Carthagène pour embarquer les rescapés. Nous arrivons trop tard, les franquistes avaient massacré les survivants ». Mais le navire prend le large et c’est au Havre qu’il va embarquer 2000 personnes fuyant Franco et la répression des autorités françaises. En septembre 1939, le Winnipeg met le cap sur Valparaiso au Chili. Après une traversée mouvementée réfugiés espagnols et équipage avons été reçus magnifiquement par la population. A peine pensait-il au retour que tout l’équipage est arrêté et placé en forteresse. Ils seront tous transférés dans un camp à Balboa au Panama où ils subiront les interrogatoires de la police française en poste aux Antilles. De retour « sous bonne garde à Bordeaux, nous sommes emprisonnés dans le fort du HA. J’avais 18 ans, une autre bataille commençait ».

MARSEILLE ET LES MARSEILLAIS

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Marseille va donner beaucoup d’amour et de solidarité à l’Espagne républicaine. Marseille et les marseillais vont utiliser tous les moyens, par la route et par la mer.

Cet élan généreux sera l’oeuvre de tous les anti fascistes qui se souviennent des journées de février 1934, mais surtout celui, magnifique et sans pareil, des militants communistes.

Dans l’euphorie du Front populaire, ce qui arrive à l’Espagne est pour tous intolérable. Et ce sera les actions et les luttes contre la non-intervention, pour l’acheminement des vivres et de l’argent. Ce seront encore les nombreux jeunes marseillais qui iront grossir les rangs des Brigades Internationales. Les marins et les dockers seront dans la compagnie France Navigation.

CARMEN, MIREILLE, SIMON ET RENÉ

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Cette exposition ne suffirait pas pour évoquer la foule de marseillaises et de marseillais qui ont aidé l’Espagne républicaine.

Citons cependant Mireille Dumont, de son vrai nom Marcelle Bouvet, professeur, militante communiste, conseillère municipale de Marseille et sénateur des Bouches-du-Rhône après la Deuxième Guerre mondiale. Durant la guerre d’Espagne, elle sera l’âme de la solidarité, elle accompagnera de nombreux convois de médicaments, denrées alimentaires, vêtements, lait pour les enfants. Elle se débrouillera encore pour permettre à de nombreux enfants de trouver un foyer à Marseille et dans les environs.

Ou encore Simon Lagunas, il a 24 ans en 1936, il part pour l’Espagne dans les Brigades Internationales, et prend part à la bataille de Madrid. Il devient officier d’artillerie. De retour en France, il est mobilisé, puis blessé il est rendu à la vie civile. Mais ce militant communiste ne s’arrêtera pas, il entre dans la résistance et sera arrêté en mars 1941. Il s’évade et rejoint un maquis en Lozère. Son expérience est reconnue. Il es nommé capitaine FTPF. en septembre 1943, interpellé près d’Hendaye, il est livré à la gestapo et déporté à Buchenwald. Il participera à la libération du camp et rejoindra Marseille puis Aubagne.

René Maisons a 20 ans en 1936 quand il entend à la radio que l’Espagne républicaine doit faire face à la rébellion de Franco, aidé par Hitler et Mussolini. Alors il gagne l’Espagne et dès octobre de la même année il combat sur le front de Talavera en Catalogne, puis il va défendre Madrid et sera blessé à la cité universitaire. Il est rapatrié en 1937 mais il doit effectuer son service militaire. L’armée l’envoie en Syrie dans un camp disciplinaire. Comme tous les volontaires des Brigades Internationales il n’accepte pas la capitulation de Pétain et encore moins l’occupation.

C’est la Résistance.

Il est nommé chef des groupes francs du réseau combat. Il sera arrêté en 1943 et, après plusieurs prisons et camps, il est déporté lui aussi à Buchenwald.

Carmen Carballo est née à Biarritz, son père était d’origine espagnole. Elle est en Espagne au moment ou éclate la guerre civile. Engagée volontaire dans les Brigades Internationales, Carmen est aux côtés des républicains espagnols. En février 1939 au moment de la « retirada », elle réussit à rejoindre sa famille à Cannes. Elle entre dans la résistance et devient agent de liaison entre les maquis FTPF du Sud-Est. Elle est arrêtée en Avignon pendant l’été 1944 par la gestapo. Elle doit la vie à un commando de maquisards FTPF qui réussira à la libérer avec d’autres résistants en Août. Elle réside à la Ciotat avec son époux, résistant lui aussi.

LA RETIRADA

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                                                                        LA RETRAITE

Le 26 janvier 1939, l’entrée des troupes de Franco dans Barcelone, marque le début du grand mouvement d’exode, « la retirada ». Pour échapper à la haine des franquistes vainqueurs, ils seront près de 500000 personnes, combattants républicains, femmes, enfants, vieillards et invalides à se presser à la frontière française, la France patrie des droits de l’homme.

LES « INDÉSIRABLES »

Des centaines de milliers de civils et de militaires, souvent avec leurs familles s’amassent à la frontière française. Celle-ci est ouverte le 5 février 1939 par le gouvernement Daladier.
Femmes et enfants sont dirigés pour la plupart vers des départements de l’intérieur.

Les autres vont être parqués dans des camps improvisés le long des plages du Languedoc, plus de 250 000 personnes au total.

Barcarès : 70 000, Argelès : 30 000, St-Cyprien : 30 000, Gurs : 16 000, Bram : 16 000, Agde : 16 000, Septfonds : 15 000, Mazières : 5 000, Le Vernet : 5 000, Vernet-les-Bains : 13 000. Il y aura d’autres camps comme celui des Milles près de Marseille et d’autres dans le reste du pays. Mais cela ne s’arrête pas. Après la guerre, les relations du gouvernement français avec Franco sont rétablies.
Le gouvernement franquiste fait pression. La France est accusée de mansuétude à l’égard des réfugiés espagnols eux aussi présentés comme une fourmilière « d’agents de Moscou ». Dans le journal  » La Dépêche de Toulouse » du 6 septembre 1950 on peut lire : « Il est temps que ces gens là (les Républicains espagnols) soient expulsés du pays. Les français – les vrais – l’exigent énergiquement.
Jules MOCH, ministre de l’intérieur du gouvernement LEVEN déclenche le 7 septembre 1950 une vaste opération de police dans le Sud-Ouest. C.R.S et police nationale encadrés par des inspecteurs organisent une rafle : 268 sont interpelés, dont 150 militants du Parti Communiste Espagnol.
La France est aux ordres de Franco et Hitler
Notre document est une demande de renfort émanant de la Direction Générale de Sécurité. Commissariat Général Politico-Social (Madrid) en date du 23 février 1943.
« L’Agent du Corps Général de Police attaché au consulat de la Nation à Bordeaux, m’informe que, compte tenu de l’ampleur que prend l’organisation communiste dans cette ville, les Autorités d’Occupation (autorités allemandes) insistent sur la nécessité que soient détachés à Bordeaux, pour une durée d’un mois, 2 ou 4 Agents de notre Nation spécialisés en matière sociale et connaissant suffisamment la langue française, car l’organisation la plus forte et la plus active se trouve parmi les réfugiés espagnols, parmi lesquels nous savons qu’il y a un millier d’adhérents dont seule une centaine a été arrêtée, sans que l’on puisse décapiter l’organisation ».

Les allemands ne sont pas en reste et le 12 décembre1942 Himmler signe un document qui ne souffre aucune interprétation. C’est un ordre pour Vichy qui demande que les 3 400 000 Espagnols, soient livrés au ReichKommissar Fritz Sauckel et les têtes dangereuses arrêtées et envoyées dans les camps de concentration en Allemagne.

LA HONTE DE LA FRANCE

C’est la police, la gendarmerie et l’armée françaises qui vont accueillir les républicains de l’armée espagnole et les réfugiés civils. Ils vont les parquer dans des camps dits de « concentration ». Prémonitoire?

En fait les républicains espagnols et les familles se retrouvèrent internés dans des camps en vertu d’un décret du 12 novembre 1938 de Daladier qui venait de signer les accords de Munich. Ce décret prévoyait l’internement des étrangers dits « indésirables ». En 1940, Pétain et le gouvernement de Vichy aggraveront leur situation. Et ainsi les occupants nazis trouveront de la « chair fraîche » pour leur camps de concentration et d’extermination.

LA RÉSISTANCE DES  » GUÉRILLEROS »

Les républicains espagnols réfugiés en France ne feront aucun reproche quant à leur situation dans les camps. Mais ceux qui s’en évaderont et les autres dès qu’ils le pourront s’engageront, sans qu’on le leur demande, dans la résistance contre les occupants nazis et notamment dans la MOI.
On les appellera les  » guérilleros ». On les retrouvera dans la libération de Paris, en Bretagne mais surtout dans l’ensemble du Sud-Ouest et nous leur devons la libération de nombreuses villes comme Foix dans l’Ariège, Toulouse, Bordeaux pour ne citer que celle-ci. Les guérilleros s’engagent aussi dans la 2ème DB du général Leclerc, sa 9ème compagnie qui pèsera lors de la libération de Strasbourg.

JULIO SUAREZ D’OVIEDO……..

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Le parcours de Julio Evariste SUAREZ est exemplaire de l’épopée de l’Espagne républicaine. Julio est originaire des Asturies, région industrielle des mineurs d’Oviedo, de métallos, de chimistes et de portuaires comme à Avilès. Une région où les luttes sont nombreuses, dures et longues. Le grand-père de Julio mourra d’ailleurs sous les balles de la police lors d’une grande grève.

En 1934, Julio est à peine âgé de 15 ans, il participe pourtant au long conflit des Asturies et doit faire face à l’armée déjà dirigée par Franco. C’est quasi naturellement qu’il prend position en faveur de la République en 1936 et s’engage dans le bataillon des Asturies avec lequel il part sur le front basque d’avril à octobre 1937.

Après la chute de Bilbao et l’évacuation de la population, son bataillon se replie à Santander. Il rentre chez lui mais dénoncé quelques temps plus tard il sera arrêté avec son frère. Il a alors 17 ans.

Julio est prisonnier militaire mais sera renvoyé dans le camp de travail de SEU d’URGELL puis à celui de San Vinçen en Catalogne. Avec ses compagnons de détention, il travaille à la construction d’un pont sur le Rio Segre. Au camp il se lie d’amitié avec un autre prisonnier Navez. Les conditions sont dures (ils se lavent avec du souffre). Petit rayon de soleil, on leur octroie une promenade de deux heures le dimanche. C’est au cours de l’une d’entr’elles qu’un aide de camp parvient à leur faire savoir qu’ils sont sur une liste de futurs « otages ». Leur décision est prise, ils s’évaderont et Julio écrira même une lettre pour en avertir ses parents.

JULIO SUAREZ…..A SEPTEMES

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L’évasion se déroule en début 1939, dans le froid et la neige. En mars les évadés (plusieurs dizaines de plusieurs camps et lieux d’Espagne) passent la frontière 2 par 2 mais la gendarmerie et la police françaises les récupèrent et les dirigent dans l’Aude vers le camp d’Argelès situé sur la plage. Ici la vie est même plus dure qu’au camp de travail. Julio et son ami Navez décident une nouvelle fois de partir pour s’engager dans la « Légion Etrangère » à Bordeaux. Mais arrivé sur place plus rien n’est possible. Le climat politique est celui de la fin 1939. On se méfie d’eux (déjà fichés?). Ils décident alors de tenter leur chance et partent pour Marseille où un embarquement parait possible. Las, à l’arrivée, après un long et pénible périple, il est trop tard leur bateau est parti depuis quelques jours.
Et la galère continue. De cachettes en planques, de petits travaux en petits travaux, ils n’en sont pas moins en liaison avec des opposants au régime de Vichy. Nous sommes en 1940. En décembre de cette année là, le Maréchal Pétain doit venir à Marseille. Préfecture, gendarmerie et police vont alors faire du bateau « Le Sinaïa » une prison flottante et enfermer tous les opposants connus, fichés, militants communistes, antifascistes, républicains espagnols réfugiés, Julio SUAREZ sera du nombre des emprisonnés.

Libéré, il part faire le bûcheron à St Savournin et à Puyloubier. Il fera la rencontre de sa future épouse Lucienne dans un bar à Saint Antoine. Ils se marient, s’installent à Septèmes mais après la naissance de leur premier enfant en 1943, les allemands occupent tout le pays, la gestapo se fait menaçante. Julio et Lucienne partent pour les Basses Alpes.

Julio se joint à la résistance et reviendra même à Marseille pour participer à la libération avec les frères Yagloff.

Julio (avec sa famille, Lucienne lui donnera cinq enfants), participe à la vie de Septèmes dont il deviendra un citoyen connu et estimé.

Militant du Parti Communiste Français il participe à toutes les luttes. Militant du Parti Communiste Espagnol (PCE) il fera plusieurs voyages clandestins en Espagne, en train, en voiture ou à moto pour transporter et remettre des tracts contre la dictature de Franco. Il fera même un voyage en famille.

Sur le sol français depuis 1939, résistant et acteur de la libération de la France, il demandera deux fois la nationalité française et par deux fois elle lui sera refusée.

LES YEUX DU MONDE

Les plus beaux yeux du monde
Se sont mis à chanter
Qu’ils veulent voir plus loin
Que les murs des prisons…
Les barreaux de la cage
Chantent la liberté….
Vie perdue retrouvée
Nuit et jour de la vie
Exilés prisonniers
Vous nourrissez dans l’ombre
Un feu qui porte l’aube
La fraîcheur, la rosée.
Vous étiez, vous, clairvoyance et raison
L’avenir aussitôt
Trop tard hélas
Vous a donné raison.
D’après le poème de Paul Eluard  » Espagne » et celui de Jacques Gauheron