Les femmes dans la résistance

FEMMES DANS LA RESISTANCE

 

Des noms de femmes parmi les milliers et les milliers d’entre elles qui ont participé à la résistance alors que notre pays était sous la botte des nazis, envahi et occupé entre 1940 et 1944.

LUCIE AUBRAC 

Lucie AUBRAC est une héroïne de la Résistance, une inlassable militante et la mémoire vive d’une époque tourmentée.

Au début de la Seconde guerre mondiale, Lucie Bernard se marie à une jeune ingénieur, Raymond Samuel, qui prendra le pseudo de AUBRAC. Ensemble, ils participent à la création et à l’organisation d’un des premiers réseaux de résistance, Libération Sud.

Installés à Lyon, Raymond exerce son métier d’ingénieur tandis que Lucie est nommée professeur au lycée de jeune filles Edgar Quinet.

Lucie écrit pour Libération, diffuse le journal clandestin, sert d’agent de liaison, puis participe, à partir de 1943 aux actions lus dures qui permettent l’évasion des résistants emprisonnés par Vichy ou par les Allemands.

L’arrestation de Raymond, devenu l’un des chefs de l’Armée secrète, aux côtés de Jean Moulin lors de l’entrevue de Caluire, marque l’un des tournants de la vie du couple.

Raymond, dont la véritable identité est inconnue des Allemands, est aux mains avec treize autres résistants du chef de la Gestapo à Lyon, Klaus Barbie. Lucie réussit à les faire échapper au terme d’une action particulièrement audacieuse.

Recherchée par la Gestapo, elle gagne Londres le 8 février 1944, avec son petit garçon Jean-Pierre, et accouche quatre jours plus tard d’une fille Catherine.

A la Libération, Lucie Aubrac rejoint son mari, nommé commissaire de la République (préfet) à Marseille.

Devenue déléguée à l’Assemblée consultative d’Alger, elle sera, au lendemain de la guerre, la première française parlementaire.

Celle qu’Emmanuel d’Astier de la Vigerie avait surnommée « Madame conscience » est également membre du jury de la Haute Cour de justice du procès Pétain.

La France lui a rendu les honneurs militaires dans la cour des Invalides.

Pour cet hommage, Raymond Aubrac, était accompagné de leurs trois enfants et leurs dix huit petits enfants.

Depuis la Libération, Lucie va de collège en Lycée dans tout le pays transmettre l’histoire de la Résistance et de ses valeurs.

ELLES ONT DIT NON

Lucie à Lyon et Julia à Marseille, Marie Claude à Paris, Joséphine, elle, venait de beaucoup plus loin.

Maria était à Toulouse, Geneviève est partie à Londres, Olga allait un peu partout.

Elles étaient messagères, transporteurs, combattantes, des soldats de l’ombre.

Elles ont bien reconnu la barbarie, la haine des autres et elles ont dit NON, NON et NON.

Elles ont résisté, encore et encore.

Elles l’ont fait normalement, simplement, naturellement.

Tout en faisant leur métier d’ouvrières, d’enseignantes ou de paysannes.

Elles l’ont fait aussi en faisant leur métier de femmes, de mères et d’épouses.

  • 1ère photo : Rue Paradis à Marseille, siège de la Gestapo : ici on interroge, ici on torture, ici on tue.
  • 2ème photo : Attente interminable et parfois …pour rien.
  • 3ème photo : « Femme qui pleure » de Picasso 1937 déjà pour les femmes d’Espagne.
  • 4ème photo : Claire Oldani, tout sourire, dans son sac, des tracts et un révolver.
  • 5ème photo : Simone Jaffray, abattue sur les barricades le 20 Août 1944.
  • 6ème photo : Geneviève ANTHONIOZ DE GAULLE : Résistante dès juin 1940, elle multiplie les actions de renseignement et d’information, au sein du réseau « Défense de la France ». Arrêtée le 20 juillet 1943 et emprisonnée à Fresnes, elle est placée en isolement au Bunker du camp. Himmler veut la garder en vie et l’utiliser comme monnaie d’échange. Elle est libérée en avril 1945, et épouse l’année suivante Bernard Anthonioz, jeune éditeur d’art et li aussi ancien résistant, avec lequel elle a quatre enfants. Elle passera toute sa vie à lutter contre la pauvreté.

ELLES APPELLENT LEURS SŒURS

Rose dénonce, par écrit et ses petits papiers sont partout.

Dans les paniers, les cages d’escaliers sur les poteaux, oubliés dans un train, sur les banquettes des cafés.

Mireille vole à ses sombres journées des instants de lumière, là-haut dans le grenier.

Elle tape et tape encore sur la machine pour écrire un cri, dire l’insoutenable et qu’elle ne veut plus être seule.

Elles appellent leurs sœurs et leurs frères.

 

  • 1ère photo : Le 14 juillet 1942 sur la Canebière, c’est surtout un succès des comités de femmes.
  • 2ème photo : Affiche : VIVE le 14 juillet ; 14 juillet d la victoire. Grande manifestation. Rendez-vous à 11H au Quartier de la Belle-de Mai en haut du boulevard Plombières. DU PAIN ! DU PAIN !
  • 3ème photo : Anna MARLY : Dans Londres en guerre, Anna Marly fut, pour les Français libres, l’image de la jeunesse et du talent. Elle a composé les chansons de la Résistance et de la libération. On lui doit notamment la musique du célèbre « Chant des partisans ».
  • 4ème photo : Rose BLANC, arrêtée en 1942, déportée en 1943, assassinée la même année à Auschwitz.
  • 5ème photo : Germaine TILLION. En 1940 Germaine Tillion est chef du réseau de Résistance du Musée de l’Homme, avec le grade de commandant de 1941 à 1942. Elle est arrêtée le 13 août 1942, et déportée le 21 octobre 1943 à Ravensbrück. Elle se consacrera après la guerre à des travaux sur l’histoire de la Seconde Guerre mondiale. Elle a soutenu en France l’enseignement dans les prisons. Directrice d’études à l’école pratique des hautes études, elle a réalisé vingt missions scientifiques en Afrique du Nord et au Moyen-Orient.

TANT ET TANT DE FORCE

 

Tant de minutie, le temps est compté, les hommes ont besoin d’elles à l’instant précis, à la minute près.

Tant de risques calculés ou pas, sous leur allure légère et un culot forcené. Et tant de volonté et de force cachées dans un torrent d’astuces et de rire dont il faut se souvenir.

  • 1ère photo : Affiche du Congrès Mondial des Partisans de la Paix.

Salle Pleyel 20-21-22 et 23 avril 1949 à Paris.

Même après la guerre, la lutte pour la Paix continue.

  • 2ème photo : Hôtel Bompard à Marseille, les femmes se mobiliseront pour soigner et faire évader des enfants juifs.
  • 3ème photo : Dans les camps la solidarité est active.
  • 4ème photo : Mireille Dumont, étroitement surveillée par la police, sera mise en résidence surveillée près de Marseille. Elle passe alors dans la clandestinité et dans l’Allier dirigera sous le pseudo de Claude Rey, le mouvement des femmes.
  • 5ème photo : Jacqueline Faïta, alias Mireille. Elle entre très vite dans la clandestinité en 1939 à Nîmes. Elle sera condamnée par contumace après un accrochage avec la police (distribution de tracts contre une prise d’otages). Elle part pour Avignon puis Lyon où elle est chargée d’organiser les jeunes en lutte contre le STO (Service du Travail Obligatoire en Allemagne). Elle assure la liaison permanente avec le maquis de la Mure et les autres organisations de la Résistance. En septembre 1944 elle participe à la lutte armée pour la Libération de Lyon.

DES MONTAGNES DE VOLONTE

Le Colonel ROL-TANGUY qui reçu la reddition Allemande lors de la libération de Paris disait à propos des femmes et de la Résistance : « Sans elles nous n’aurions fait que la moitié de notre travail ». Elles ont participé à l’ensemble de l’action résistante. Il n’y a pas un seul secteur de l’organisation clandestine où elles ne sont pas en majorité et où elles n’exercent pas des fonctions importantes de direction.

Elles participent aux combats militaires. Elles sont aussi nombreuses dans les services de renseignements. Et c’est souvent à elles qu’est confié le travail particulièrement dangereux d’infiltration de l’appareil militaire allemand.

  •  1ère photo : Femmes de mineurs et mineur 1941 Gardanne.
  • 2ème photo : Dans les rues de Paris, 1944.
  • 3ème photo : Affiche : Economisez LE PAIN, coupez-le EN TRANCHES MINCES, et utilisez toutes les croûtes pour les soupes.
  • 4ème photo : Odile ARRIGHI.
  • 5ème photo : Rosette REMACLE, entre au PCF en 1940. Avec son mari André Remacle elle participe aussitôt à la rédaction de tracts et de journaux clandestins. Elle est de la manifestation du 14 juillet 1942, puis de celle pour le pain en mai 1944 deux jours avant le bombardement de Marseille par les avions américains. Elle fera partie de l’équipe qui réalisera la première « Marseillaise » légale.
  • 6ème photo : Danielle CASANOVA : Militante communiste, elle passe dans la clandestinité en 1939. Elle participe à la mise en place de comités féminins et organise des manifestations contre l’occupant, notamment celles des 8 et 11 novembre 1940 puis celle du 14 juillet 1941. Elle est arrêtée par la police française le 15 février 1942 et déportée à Auschwitz le 24 janvier 1943. Elle ne cesse jamais de militer, organisant les détenues et la solidarité dans le camp de concentration. Elle décède le 9 mai 1943 du typhus.

AIDER LES PERSECUTES

 

On les retrouve aussi dans certaines administrations. Aux P.T.T où elles peuvent transmettre des renseignements, acheminer des courriers dans les mairies, où elles peuvent fournir de faux papiers. Dans les hôpitaux, où elles s’avèrent très utiles pour les services sanitaires de la Résistance.

Elles jouent un rôle essentiel dans l’aide aux emprisonnés, aux persécutés, notamment aux juifs.

Elles sont donc particulièrement désignées pour des actions qui impliquent une présence au milieu de la population et surtout de l’ennemi : la distribution de tracts.

 

  • 1ère photo : Quand la maison est encore endormie, le grenier et sa clarté sont propices pour taper le tract. Instants de liberté volés aussi.
  • 2ème photo : Des colis pour les déportés.
  • 3ème photo : Maria ORIA : sa maison dont elle était concierge, se trouvait près de la préfecture. C’est dans sa loge que fut entreposé l’appel de Jacques Duclos et Maurice Thorez sous le nez ou presque des policiers. Et chacun en sortant du boulote venait prendre quelques tracts pour distribuer. Elle est arrêtée le 10 septembre 1940. La police ne trouva rien et au contraire des pétitions circulèrent en sa faveur. Elle sera libérée du « Cherche Midi » 4 mois plus tard. Avec sa petite fille elle s’enfuit alors de Paris, passe la ligne de démarcation et arrivée à Marseille….elle recommence.
  • 4ème photo : Fifi TURIN : Entre en résistance dès 1939 après la dissolution du PCF. Elle est arrêtée en 1940 et mise en résidence surveillée pendant 2 ans à Tarascon. En 1943 nouvelle arrestation. Elle est au secret dans la prison de Fresnes. Le 5 août 1944 sortie de prison en camionnette pour être fusillée, elle haranguait encore les passants en faveur de la résistance.

DES TRESORS D’ASTUCES

Rosette, Madeleine, Odile, Simone, Germaine, Danielle, Claire et Fifi.

Toutes les « Lucie » de France, toutes les « Lucie » de tous les temps.

Elles battent la campagne. Elles ont des paniers bien remplis. C’est pour ceux des collines, ceux des maquis. Et pour y arriver elles étaient si malignes. Vous en souvenez-vous de leurs ruses de loups ?

  • 1ère photo : Mireille LAUZE : Elle a d’abord organisé la solidarité avec l’Espagne républicaine. Dès 1939 elle établit la liaison avec Pierre Georges qui deviendra le colonel FABIEN. Elle participe aux actions de résistance et organise la jeunesse. Arrêtée en février 1941, Mireille va de prison en prison, des « Présentines » à Marseille à celle de Lyon puis Châlons. Elle sera déportée à Ravensbrück en 1944 où elle mourra de maladie et d’épuisement.
  • 2ème photo : « LA NURSERY A L’USINE ou la mère à la maison ?

La vraie libération de la femme est dans la seconde solution.

A la libération la cause des femmes n’est pas terminée. Voir titre ci-dessus : Journal de droite « La France ».

  • 3ème photo : Berthie ALBRECHT : Elle accueille dès 1939 les réfugiés allemands dans sa maison de Sainte-Maxime. Elle rencontre le capitaine Henri Frenay. Elle deviendra sa proche collaboratrice dans le mouvement COMBAT. Elle participera à toutes les initiatives de résistance. Arrêtée deux fois en 1942 par la police de Vichy, elle parvient à s’échapper, mais elle est à nouveau arrêtée le 8 mai 1943 à Mâcon, par la Gestapo. Elle subit la torture, avant d’être transférée à la prison de Fresnes, dont elle ne sortira pas. Son corps est retrouvé dans le cimetière de la prison en mai 1945.

FEMMES DE FEU ET DE REFUS

 L’avenir c’est ce qui dépasse la main tendue.

Comme dit Aragon, la parole n’a pas été donnée à l’homme ou à la femme : ils l’ont prise.

Elles étaient gaullistes ou sans parti, elles étaient socialistes, elles étaient chrétiennes ou communistes. D’autres ne s’étaient même pas posés la question. Elles étaient d’ici, d’ailleurs ou venues de l’étranger. Mais elles étaient toutes en colère et révoltées contre ce fatras de vieux usages, contre les barbares venus d’un autre âge.

Il est permis de rêver. Il est recommandé de rêver. Sur l’Histoire et sur la vie.

Femmes de feu et de refus, femmes trouvailles et femmes semailles.

Elles ont crié, dénoncé, agit sur le passé pour nous faire entrevoir la beauté de l’avenir.

  • 1ère photo : Janvier 1943 après avoir évacué en les déportant vers des prisons et des camps, les habitants des vieux quartiers du Vieux Port ; SS, armée allemande, police française, responsables de la ville et immobiliers firent sauter le quartier entourant la mairie. C’est un « nid de racaille, d’espions, d’étrangers, de bandits et de communistes » ont prétexté les « responsables ».
  • 2ème photo : Hélène TAICH, elle aussi FTP MOI, elle avait fuit le fascisme roumain et à Paris elle organisait la solidarité avec l’Espagne dès 1936. C’est naturellement qu’elle devient résistante et responsable des immigrés pour la zone sud. Elle transportait tracts et armes dans la poussette avec son bébé. Elle participe sur les barricades, les armes à la main à la libération de Marseille.
  • 3ème photo : Julia PIROTTE avait fuit la Pologne des colonels pour la Belgique. Elle fuit encore à l’arrivée des allemands. Elle trouve à s’embaucher comme photographe dans un journal de Marseille. « Les reportages et mon laissez-passer presse étaient une bonne couverture, je peux alors faire de faux papiers, transporter tracts et armes ». On lui doit presque toutes les photos des combats pour la libération de Marseille.
  • 4ème photo : Olga BANCIC, elle était des FTP-MOI et faisait partie du groupe Manouchian. Elle a résisté depuis le premier jour. D’abord avec des tracts puis les armes sont venues. C’est elle avec d’autres femmes qui acheminaient les armes pour le groupe. Olga était une des plus courageuses. Elle est arrêtée en novembre 1943 en même temps que les 23 du groupe dont le procès fit grand retentissement. Ils seront tous fusillés sauf Olga qui fut déportée en Allemagne et décapitée à la hache le 10 mai 1944.

       « Ils étaient vingt et trois amoureux de vivre à en mourir »

100 NOMS DE FEMMES

J’emmène avec moi pour bagage

Cent noms de femmes sans lien sinon

L’amour de mon pays mémoire

Un collier sans fin ni fermoir

Le miracle d’une chanson

Un peu de terre brune et blonde

Sur le trou noir de mon chagrin

J’emmène avec moi le refrain

De cent noms dits par tout le monde…

  • 1ère photo : Août 1944, Marseille est libérée, farandole sur le vieux port.
  • 2ème photo : Joséphine BAKER, elle profitera de sa célébrité pour faire son travail de résistance, aider les familles poursuivies, les étrangers et les juifs. Elle est presque seule artiste à être décorée de la médaille de la Résistance qui lui sera remise sur son lit d’hôpital.
  • 3ème photo : Simone EYNARD en 1936 et 1937 elle est très active dans la solidarité des républicains espagnols. Elle est arrêtée le 15 février 1940. Elle va de prison en prison et sera déportée en Allemagne et ne sera libérée qu’en Mai 1945.